So You Think You Can Dance : dans la peau d’une danseuse

Yo ! De retour pour vous jouer un mauvais tour pink smiley

Dans le précédent article, je me suis interrogée sur les raisons, les propensions, les aptitudes et les envies qui nous menaient au fabuleux et pixelisé destin de blogueur. ..Si  la dissection d’esprits virtuels et modernes vous intéresse – et même si, croyez-moi, j’aime beaucoup me répéter (blablabli blablablou, blablabli blablablou, blablabli blablablou, blablabli blablablou) – je vous invite là à aller lire le billet car aujourd’hui j’aimerais me pencher sur un sujet tout différent : la vie des danseurs.

Ou plutôt : la vie des danseuses. Ou pour être vraiment vraiment exacte : la vie des danseuses Hip Hop. Ou pour être encore plus plus précise – tellement précise, tellement que je vais viser juste pile poil, que je vais foutre la honte à Guillaume Tell : ma vie de danseuse Hip Hop.

Alors j’en entends déjà : « Ouais, non mais c’est quoi ce délire, hier tu nous parles de ta vie de blogueuse, aujourd’hui tu nous parles de ta vie de danseuse ! Heu tu nous ferais pas une petite crise de c’est-moi-ki-ki-moi-d’abord-je-suis-moi-me-myself-and-I ? »

Meuh pas du tout ! C’est juste que je suis les principes de philosophie bouddhistes qui invitent à chercher la richesse pas plus loin que…dans soi ! Oui, dans son son soi-même, dans son intérieur !

Yes, amis blogueurs, écrivains et artistes en tout genre, quand une panne d’inspiration vous attaque, eh bien, sachez que le meilleur des remèdes est bien souvent très proche pour la bonne raison qu’il est en vous, qu’il est vous car nous regorgeons tous de fabuleuses ressources naturelles incroyablement inimaginables.

believe in yourself

Bon plus sérieusement, pour en revenir au sujet de base : qu’est-ce qui pousse une fille à priori saine de corps et d’esprit à se dire un jour :

« Tu vois le truc là à la télé ?

– Quoi la macarena ?

– Heu, non…

-… ?

-…Enfin si, ouais si tu veux…

– Eh bah ?…

– Eh bah plus tard… c’est ça que je veux faire. »

Le rythme dans la peau

shake that thing

Si à l’heure où tes petits camarades se dandinaient timidement le long des murs de la salle des fêtes, toi, tu n’avais qu’une seule envie : déboiter la piste de danse ; si à l’heure où tes petits camarades mangeaient tranquillement leur part de gâteau d’anniversaire, toi, tu n’avais qu’une seule envie : déboiter la piste de danse ;  si à l’heure où tes petits camarades bûchaient sagement leur contrôle de géométrie physique moléculaire, toi, tu n’avais qu’une seule envie : déboiter la piste de danse…il y a de très fortes chances que tu aies fini par devenir danseur !

C’est ça ou quoi ?!

La maladie du danseur se manifeste souvent dès le plus jeune âge. On observe chez certains enfants quand ils sont exposés à  de la musique – ou pour les cas les plus graves, même dans le silence le plus complet – une incapacité à rester quiets…Ils ne tiennent pas en place quoi !

dance girl dance

Une chorégraphie qu’ils ont inventées, une qu’ils ont vu danser par une chanteuse à la télé, une que leur copain leur a montrée, une qu’ils voudraient créer là avec vous tout de suite en mode  freestyle…tous les prétextes sont bons pour ne pas s’assoir à la table des devoirs et vous forcer à les mater exécuter leur passion.

Parents si vous reconnaissez certains de ces symptômes chez votre petite progéniture…il est malheureusement trop tard !

De l’influence des clips vie-déo

Oui, il est trop tard.

Parce qu’une fois qu’un gosse a regardé 150000 fois Thriller de Michael, 15000 fois Yeah de Usher et qu’il sait exactement à quel moment de la choré  de Justin il faut secouer les cheveux gauche, droite, droite, droite, bas, gauche …c’est cuit !

Avant de se répandre dans tout le corps, la passion pour la danse attaque la zone oculaire et auditive, elle s’infiltre de cette manière dans l’esprit et squatte.

entrezdansladanse

Ainsi, avant même de savoir parler, certains bébés gorgés de mélodie et de rythme, surprendront leur famille en twerkant furieusement leur couche culotte ; ces mêmes petits diablotins, quelques années plus tard noirciront leurs carnets de correspondance de croquis chorégraphiques et frénétiques ; et, encore plus tard, on verra les plus atteints arriver au collège grimés comme  leur rappeur préféré dont chaque plage de l’album (trop rayé car trop kiffé) aura bien sûr son ballet dédié.

A 10 ans mon sort était scellé : même si on m’avait raboulé le prêtre de l’Exorciste …il n’aurait rien pu pour moi.

Depuis belle lurette, le Hip Hop avait pris possession de toute mon âme !

Destin corporel

Bon donc on résume : tout le monde te demande de travailler à l’école, d’éteindre un peu ta musique-là, de lire tes livres et de bouffer ta soupe…

Toi tu n’es pas contre le concept mais tu tiens à dire à ce « tout le monde » que tu ne répondras à toutes ces requêtes qu’à la condition qu’on te laisse devenir danseur, pour de vrai, pour de travail.

Ok, tu l’auras voulu…tu l’auras !

work that thing

Parce que faire le kéké dans un cercle à la boum de ton copain Pierre et devenir danseur (artiste chorégraphique qu’on dit aussi), eh bah c’est pas pareil du tout !

Et ce qui sépare ces deux étapes de ta vie, c’est une longue et laborieuse route de façonnage de ton outil de travail : ton body ! Oui, amigo, ton corps va prendre cher, très cher si tu veux l’emmener sur la voie de la professionnalisation.

Rapidité, souplesse, force, techniques en tout genre et j’en passe sont des qualités qu’on peut ignorer, laisser de côté quand on danse pour le plaisir. Mais dès l’instant où tu réussis à convaincre tes parents de t’envoyer à l’école de ton futur métier …Aïe ! On te tire bras, jambes et joues pour t’emmener au sommet Igor !

Aaah, je garde des souvenirs impérissables de mes cours de danse classique ! Vous voyez les petites ficelles en plastique qu’on tresse pour faire des porte-clefs ? Celles de toutes les couleurs…les scoubidous ! Eh bah c’était moi entre les douces sadiques mains de ma prof de barre au sol.

Mais tous ces efforts ont payé : aujourd’hui, toute danseuse urbaine que je suis – tel un étudiant en histoire géo finissant par taffer dans un cabinet de conseil marketing, j’utilise exactement 99% des 3% de mes compétences classiques restantes !

Destin surréel

Quand t’es tout bien étiré, tellement que tu ressembles à un personnage en pâte à modeler de chez Pixar, eh bah tu peux enfin réaliser ton rêve : hanter les salles de casting devenir la star que tu as toujours su être !

C’est vrai, entre les cours de danse, le travail en compagnie, celui pour des chanteurs, pour des groupes de musique etc., tu as tout un éventail de possibilités qui te permettent de danser toute la journée et même d’être payé pour ça Morray !

flex that thing

Mais, parce qu’il y a un « mais », chose à laquelle on n’a en général pas beaucoup pensé : le chemin pour arriver à ces possibilités n’a rien à voir avec le circuit lambda de l’emploi.

J’en parlais avec mon copain Gégé – qui après un partenariat chorégraphique de presque dix ans (on était lui, moi et d’autres petits excités, les terreurs des boums anniversaires), m’avait lâchement abandonnée pour des études d’architecture – et il me disait que lui aurait du mal à se faire au côté bohème qu’a la vie de danseur.

Après un échange d’opinions exalté et interminable, je lui sortis l’argument qui tuait : « Ouais mais tu vois c’est justement ça qu’on cherche, la Liberté. La bohème, la bohème, ça voulait dire… Enfin, la flexibilité quoi, si demain tu décides que tu travailles, eh bah tu travailles, si tu décides que tu travailles pas et bah tu travailles pas ! »

Je lui en avais bouché un coin ; enfin je croyais. Il me lança un regard lourd d’un sens que j’interprétai comme de la capitulation…avant de me répondre : « Ouais mais tu manges pas. »

En gros Gégé me disait que les artistes, les danseurs, donc sous-entendu en passant moi aussi, n’avaient pas le sens des réalités. Pas le sens des réalités ? Non mais allo ! T’es un artiste et t’as pas le sens des réalité ! Nan mais je rêve quoi!

REALITY

Bon je vous passe les détails de la fin de ce débat, qui comme toutes les discussions où chacun parle pour avoir raison, s’est terminé de manière infructueuse. Mais je me rappelle que je m’étais mise à penser à tous les trucs « insensés » selon certains avis charitables, que j’avais faits pour la danse.

Des projets que j’avais commencés sans trop savoir où ils m’emmèneraient, comme ça par coup de foudre ; d’autres que j’avais décidé de ne pas suivre, parce que malgré leur côté prometteur et sécurisant, ils ne m’inspiraient pas ;  des heures que j’avais voulu consacrer au travail de ma danse, de mes passions, de mon art au lieu de les consacrer au biz…

Tout ça m’était remonté d’un coup à l’esprit et j’avais répondu à Gégé : « Si on l’a, mais on s’en sert pour rêver 😉 »

dream

 

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